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Emploi

Ce que dit la loi sur l'obligation de formation des salariés

Orégane
14/07/2026 06:02 8 min de lecture
Ce que dit la loi sur l'obligation de formation des salariés

Former ses salariés n’est plus une simple marque de bon management, c’est une exigence légale. À l’époque où les compétences se périment vite, les entreprises qui négligent la formation s’exposent à des risques lourds. Non seulement juridiquement, mais aussi sur le plan humain et stratégique. Le cadre est clair : l’employeur a un devoir d’adaptation, de sécurité et de suivi. Et ce, sous peine de sanctions bien réelles.

Les piliers de l'obligation de formation en entreprise

Maintenir l'employabilité et les compétences

Le Code du travail, en son article L6321-1, impose à tout employeur de veiller à l’adaptation des salariés à leur poste de travail. Cela signifie que l’évolution des méthodes de travail, des outils ou des technologies doit être accompagnée. Un salarié qui ne serait pas formé aux nouvelles machines ou logiciels utilisés sur son poste se retrouverait en situation de déqualification rapide. À l’inverse, une politique de maintien des compétences pérennise l’employabilité durable. Cela concerne aussi bien les retours d’absence longue que les reclassements ou les entrées en alternance. Pour rester en conformité vis-à-vis du cadre légal, chaque entreprise doit se pencher sur l'obligation employeur pour formation afin d'éviter des sanctions financières.

La sécurité : une formation non négociable

En matière de santé et de sécurité au travail, certaines formations sont catégoriques. Elles ne relèvent pas d’un choix managérial, mais d’une obligation réglementaire. Parmi celles-ci figurent notamment :

  • 📝 L’habilitation électrique, indispensable pour tout salarié intervenant sur ou à proximité de circuits sous tension
  • 👨‍🚒 Le secourisme, souvent formalisé par un certificat de Sauveteur Secouriste du Travail (SST)
  • 📦 Les gestes et postures, essentielles dans les métiers de manutention
  • 🔥 La sensibilisation à la sécurité incendie, notamment dans les lieux accueillant du public

Ces formations s’effectuent obligatoirement pendant le temps de travail et sont rémunérées. Le salarié ne peut être contraint d’y participer hors temps de travail, sauf accord explicite. Leur absence peut être retenue comme faute inexcusable de l’employeur en cas d’accident.

Le cadre légal du financement et des entretiens personnels

Ce que dit la loi sur l'obligation de formation des salariés

La contribution unique à la formation professionnelle

Depuis la loi du 5 septembre 2018, les entreprises participent au financement de la formation par le biais de la Contribution Unique à la Formation Professionnelle et à l’Apprentissage (CUFPA). Ce dispositif remplace plusieurs anciennes cotisations et s’applique à toutes les tailles d’effectifs. Le taux varie selon la structure (TPE, PME, grand compte) et le niveau de prise en charge des plans de formation. En clair, même les très petites entreprises participent au financement collectif de l’apprentissage et de la montée en compétence.

Le rendez-vous obligatoire de l'entretien professionnel

Tous les deux ans, un entretien professionnel doit être mené avec chaque salarié. Ce moment de dialogue vise à suivre l’évolution de carrière, les compétences acquises et les perspectives d’évolution. Un bilan est effectué tous les six ans. Et là, le risque est concret : dans les entreprises de moins de 50 salariés, l’absence d’entretien tous les deux ans, couplée à l’absence de formation non obligatoire, déclenche automatiquement une sanction corrective.

Sanctions : l'abondement du CPF

Le manquement à ces obligations peut coûter cher. Si, sur une période de six ans, un salarié n’a ni bénéficié de formation non obligatoire, ni d’entretien professionnel tous les deux ans, l’employeur doit abonder son Compte Personnel de Formation (CPF) de 3 000 €. Cette somme est versée directement sur le compte du salarié, sans possibilité de déduction ou de report. C’est un mécanisme automatique de correction sociale. Pour les entreprises, c’est aussi un appel à mieux structurer leur politique de développement des compétences.

🔍 CritèreMoins de 50 salariésPlus de 50 salariés
Entretien professionnelObligatoire tous les 2 ansObligatoire tous les 2 ans
Abondement CPF en cas de défautOui, de 3 000 €Non
CUFPAApplicableApplicable
Gestion du plan de formationSur demande du CSE ou à initiative de l’employeurObligation annuelle de mise en œuvre

Comprendre les droits des salariés face à la formation

La mobilisation du Compte Personnel de Formation

Le CPF est un droit universel acquis par tout actif, salarié ou non. Il est crédité chaque année de droits mobilisables via la plateforme MonCompteFormation. Pour les salariés du privé, l’alimentation annuelle est plafonnée à 500 €, dans la limite d’un plafond cumulé de 5 000 €. Ce compte est personnel et portable : il suit le salarié en cas de licenciement, de démission ou de changement de statut. Il peut être utilisé pour financer une certification, une reconversion ou une formation liée à un projet professionnel.

Projet de transition et formation hors temps de travail

Le Projet de Transition Professionnelle (PTP), anciennement CIF (Congé Individuel de Formation), est accessible aux salariés après 24 mois d’ancienneté dans l’entreprise. Il permet une formation en lien avec un projet de reconversion ou d’évolution. Elle s’effectue en partie ou intégralement sur le temps de travail, avec maintien de salaire. En revanche, une formation effectuée entièrement hors temps de travail ne nécessite pas l’autorisation préalable de l’employeur. Attention toutefois : elle n’est alors ni rémunérée ni prise en charge. Le dialogue social reste ici essentiel pour construire des parcours pertinents et respectueux des besoins de chacun.

FAQ

Que risquez-vous en oubliant l'entretien professionnel bisannuel ?

Dans les entreprises de moins de 50 salariés, l’absence d’entretien professionnel tous les deux ans, combinée à l’absence de formation non obligatoire, peut déclencher un abondement automatique du CPF du salarié à hauteur de 3 000 €. Ce mécanisme vise à corriger les lacunes dans la politique de formation. Ce n’est pas une simple omission administrative, mais une sanction financière directe.

Formation interne ou externe : quel est le plus avantageux ?

Tout dépend de l’objectif. La formation interne permet une personnalisation forte et un meilleur alignement avec les processus internes, mais nécessite un investissement en ressources pédagogiques. La formation externe, dispensée par des organismes spécialisés, assure une expertise pointue et une reconnaissance sectorielle, souvent plus valorisante pour le salarié. Pour faire simple, les entreprises combinent souvent les deux selon les besoins.

Quels sont les frais annexes souvent oubliés par l'employeur ?

Beaucoup d’employeurs se concentrent sur les coûts pédagogiques, mais négligent les frais annexes. Or, les déplacements, les repas, l’hébergement ou la garde d’enfants peuvent représenter une part non négligeable du budget. Or, lorsqu’une formation est effectuée sur le temps de travail, ces frais sont à la charge de l’employeur. Ne pas y penser, c’est risquer des tensions avec les salariés ou des abandons en cours de parcours.

Comment valider les acquis après une action de formation ?

La validation passe par des preuves concrètes : une attestation d’assiduité ne suffit pas. L’employeur doit exiger un bilan de fin de stage ou un livrable tangible, comme un rapport, une certification ou une mise en pratique constatée. Cela permet d’évaluer l’efficacité de la formation, d’ajuster les futurs plans et de justifier les dépenses vis-à-vis des financeurs ou des autorités de contrôle.

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